Jouer dans la ligue des gars…

juillet 26, 2017

***Crédit photo Aurélie de Saint Sauveur***

Le samedi 29 juillet à l’aréna Saint Louis, il y aura du roller derby, et plutôt deux fois qu’une! Lors de la première game à 18h, deux équipes locales de la ligue Montréal Roller derby vont s’affronter: les Contrabanditas vs les Filles du Roi. Et après on vous gâte puisque notre équipe A, les New Skids on the block rencontrent les Mont-Royals, l’équipe de voyage du Montréal roller derby masculin. Saviez-vous que la ligue des gars est co-ed? DEkessé? Cela veut dire que tout le monde peut y participer, qu’on soit un gars, une fille, une personne non binaire, bref, peu importe son genre. Fibonasty, joueuse des Contrabanditas a rencontré certaines des filles qui jouent pour les Mont-Royals. Entrevue en français (avec des bouts en anglais).

Fibonasty: Qu’est-ce qui vous a motivées à aller jouer avec les gars?

Tiny Fury: moi, je suis une petite jammeuse and I have trouble with impacts. With the guys, I’ve learned to take and give bigger hits because they are really strong. Not that the girls aren’t strong but, it’s quite different. Le jeu des gars, c’est beaucoup plus… pas agressif, mais, très, très physique. Par exemple, ils font beaucoup plus d’offense.

Falafel la Gazelle: le style de jeu est vraiment différent et j’adore ça. C’est beaucoup plus agressif, mais surtout physique. De plus, j’adore leur positivisme. C’est juste un esprit général que j’apprécie beaucoup et qui me pousse toujours à donner le meilleur de moi-même.

Fibo: Sens-tu qu’ils jouent de la même façon avec toi qu’avec les autres gars de l’équipe? 

Tiny: c’est sûr qu’ils sont quand même beaucoup plus grands que moi et s’ils me frappaient comme les plus grands je recevrais leurs fesses sur ma tête. Mais ils ne frappent pas juste pour frapper. Ils frappent pour te contenir, te ralentir. Ils ne frappent pas pour s’amuser à défoncer, pour faire mal, même avec les autres gars. C’est sûr qu’ils limitent leur force, mais ils mettent la force nécessaire pour me contenir. On peut dire qu’ils sont gentlemans. Quand on jouait avec Team Canada, c’est ça qu’ils disaient, il faut qu’on soit des gentlemans! Hihi.

Falaf: J’aimerais penser que non… Mais je suis sûre que parfois c’est arrivé, surtout au début, car ils ne savaient pas trop à quel point je pouvais en prendre. Mais je le sens beaucoup moins maintenant et j’en suis contente. Je suis pas avec les gars pour me faire traiter différemment des autres!

Fibo : Et toi Tabarnouk!, tes motivations ?

Tabarnouk: J’avais besoin de quelque chose qui me sortait de mes habitudes. Donc, l’idée de travailler avec les gars, c’est de me sortir de ma zone de confort. Le jeu des gars, c’est un jeu qui est rapide, plus offensif et assez physique. Il y a donc beaucoup d’adaptation. Mais je suis chanceuse, j’ai une équipe avec un incroyable coaching staff, et des joueurs super talentueux avec qui j’apprends beaucoup. Donc, pour moi, c’est fantastique.

Fibo: Donc, c’est pour aller chercher un défi…

Tabarnouk: Pour moi, c’est important de pousser ses limites et de sortir de sa zone de confort pour mieux évoluer comme joueuse.  Et crois-moi, jouer avec les gars c’est tout un challenge.

Fibo: Et l’accueil dans la ligue des gars, ça se passe comment?

Tiny: ça se passe super bien ! Ils s’en foutent que tu sois une fille ou un gars. Ce qui est important, c’est d’avoir une bonne attitude. Tu dois aimer jouer ensemble, ce n’est pas une question d’égo, la camaraderie est essentielle. Je me sens « one of the guys ». 

Falaf: Les gars sont super accueillants et nous considèrent vraiment comme partie intégrante de l’équipe. J’ai juste du positif à dire sur eux! Ils sont vraiment super.

Fibo: Est-ce que jouer avec les gars apporte quelque chose quand on joue après avec les  filles? Et si oui, quoi?

Tabarnouk: Oui, ben j’espère. Même si les stratégies sont parfois différentes, il y a beaucoup de choses qu’on peut aller chercher. Je trouve par exemple que ça m’amène un côté physique plus assumé, qui m’est bien utile quand je joue à l’étranger avec les Sexpos. Jess Bandit, head coach des Mt-Royals mais également de Team Canada, est une excellente stratégiste. Il y a plein de choses qu’elle nous apprend que j’essaie de partager avec mes co équipières des Sexpos; et avec les joueuses des Contrabanditas que je bench coache. Et en plus nous avons la chance d’avoir quelques gars super talentueux des Mont-Royals qui viennent coacher des pratiques des Contrabanditas. Buddy Oli et Marty Gras sont venus travailler plusieurs fois avec nous; ce qui je crois nous amène une  dimension différente. Les gars, c’est une autre belle communauté et c’est important pour moi que les filles travaillent avec les gars et que les gars travaillent avec les filles et qu’on apprenne les un.e.s des autres.

Falaf: Je ne joue plus avec les filles… mais si c’était encore le cas, je pense que ça m’aurait vraiment aidée avec plusieurs choses. D’abord, l’aspect physique, mais aussi, avec les gars je prends plus souvent un rôle de rassembleuse sur la track, ce que je ne faisais pas du tout avec les filles!

Fibo: En termes d’échanges, toi Tiny, ça t’a apporté une belle expérience en termes de hit, qu’est-ce que tu penses que les filles qui jouent avec eux peuvent leur apporter ? 

Tiny: à tenir leur formation, à rester plus ensemble, plus calme. Parce que le jeu des gars est très rapide, plus individuel, leur instinct semble être d’arrêter la jammeuse. Par  exemple, quand Anouk joue, ils sont plus ensembles, plus regroupés.

Fibo: comment vous vous préparez pour les matchs quand vous jouez contre Team Canada ou les Skids?

Tabarnouk: je dirais qu’on se prépare comme avec toute les autres équipes avec qui on va jouer. On sait que c’est une équipe talentueuse, intelligente et expérimentée. On doit jouer notre game, travailler ensemble et mettre en application les stratégies qu’on a travaillées depuis le début de l’année. Les Mont Royals vont participer aux Playoffs à Vancouver en août. La game contre les Skids va être une super belle préparation pour le tournoi.

Tiny: ouaip, c’est pas mal pareil pour les deux ligues, ou pour n’importe quelle équipe d’ailleurs. D’un point de vue mental, on parle de c’est quoi notre but, à quoi on doit faire attention. En tout cas, dans les équipes auxquelles je participe, ce n’est pas différent.

Falaf: je dois dire qu’en général je ne regarde jamais vraiment qui est notre adversaire. J’aime me concentrer sur mon équipe et sur ce que je peux apporter à mon équipe lors d’un match. J’ai toujours pensé qu’une équipe est bien plus forte quand elle joue ensemble et se concentre sur son propre jeu. J’vais être là pour les encourager à la game samedi! (et aussi pour coacher les Ditas bien sûr!)